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dimanche 12 janvier 2014

Impartition («outsourcing») et notre argent

Ce billet avait été rédigé en avril 2013 mais n'a pas été publié jusqu'à maintenant.

Ça ne fait même pas déjà deux semaines que CBC avait révélé que certains employés de la Banque royale du Canada n'étaient pas contents d'être remplacés par des travailleurs de l'extérieur du pays, et qu'ils n'allaient recevoir leur compensation s'ils refusaient d'enseigner toutes les connaissances à leurs remplaçants.

Ce cas est bien loin d'être le premier cas d'impartition (outsourcing) par les compagnies nord-américaines, un processus qui a commencé il y a bien des années afin de réduire les prix aux consommateurs, qui ont vu depuis les années 1970 la perte de leur pouvoir d'achats.

Ce n'est pas la première fois, non plus, que j'entends dire qu'un employé mis à pied doit enseigner la matière à ses successeurs.

RBC est aussi loin d'être la seule banque à profiter du processus: toutes les grandes banques le font.

Alors pourquoi a-t-il fallu attendre ce moment pour que les Canadiens se réveillent et que plus de 8000 gens sur Facebook suivent la page recommandant le boycott de RBC?

Bonne question.  Je pense que c'est un problème qui a dérangé la population depuis longtemps sans toutefois avoir l'impact nécessaire pour causer un vrai changement, et qu'il suffisait d'un cas suffisamment public auquel la population en général peut s'identifier pour que le mécontentement se fasse sentir.  Je suis personnellement content que les gens en parlent finalement.

Notons que je n'aborde pas la question de travailleurs temporaires venant de l'extérieur, ce qui est plutôt une question légale que morale.  J'essaie de me limiter au concept d'impartition surtout par les banques.

Quand il s'agit de perdre des emplois canadiens, je pense qu'il faudrait être particulièrement sévères contre les banques pour plusieurs raisons:

Les banques créent de la monnaie

Les banques canadiennes sont une catégorie spéciale de sociétés au Canada: comme l'ancien gouverneur de la Banque du Canada, Graham F. Towers, l'avait dit devant un comité au Parlement, les banques créent de la monnaie, légalement car le Parlement le permet.

Alors que la Banque du Canada (notre autorité monétaire canadienne, et une société à action entièrement détenue par le ministère des finances mais plus ou moins indépendante du gouvernement) a la responsabilité de gérer la monnaie canadienne, elle ne le fait surtout qu'indirectement: alors qu'une soixantaine de milliards de dollars en argent flottent dans notre économie, ce montant ne représente qu'environ 5% de la monnaie en circulation, car selon l'effet multiplicateur du crédit, les banques peuvent légalement émettre du crédit contre ses réserves, et ce crédit se dépense tout comme de l'argent, et ce crédit représente environ 95% de la base monétaire canadienne.

C'est la Loi sur les banques, dont le Parlement est responsable, qui permet aux banques de créer de la monnaie, et la Banque du Canada, avec son mandat de garder le taux d'inflation des prix à 2%, agit en conséquence.  Les outils de la Banque du Canada sont assez limités, car elle ne peut qu'intervenir indirectement en imposant un plafond et un plancher aux taux d'intérêts que les banques paient et reçoivent respectivement, ce qui a un impact à moyen terme sur la taille de la base monétaire.

Les faits ci-haut semblent peut-être sans importance, mais le contrôle de la base monétaire est encore plus important qu'une position de pouvoir au sein d'un gouvernement, au point que l'on attribue à Mayer Amschel Rothschild la phrase « Give me control of a nation's money supply, and I care not who makes its laws. » (« Donnez-moi le contrôle de la monnaie d'une nation, et il ne m'importera pas qui en fait les lois. ») ainsi qu'une fameuse Golden Rule (règle d'or): « Those with the gold make the rules. » (« Ceux qui possèdent l'or font les règles. »)

Dans leur rôle créateur de monnaie, les banques canadiennes ont un énorme pouvoir sur le gouvernement, et normalement avec un tel pouvoir viennent des responsabilités.  Au minimum, il devrait y avoir la responsabilité de n'employer que des Canadiens.

La maturation des économies avancées a causé la surfinancialisation

Alors que les économies avancées ont atteint, il y a une trentaine d'années, un plafond dans leur croissance économique réelle, l'exercice entamé par l'ancien président américain Reagan et l'ancienne première ministre britannique Thatcher a redémarré la croissance économique en faisant exploser la quantité de dette en changeant les règles des banques.  Cette nouvelle croissance économique a été financée par les dettes issues de la financialisation des actifs.  Ensuite, rendu vers 2007-2008, une limite a été atteinte et puisque les dettes ne pouvaient plus être remboursées, les marchés se sont écroulés pendant quelques mois avant que les banques centrales et les gouvernements soient intervenus afin de regonfler la bulle et de continuer le party pendant quelques années de plus.

Le résultat le plus important est que même les banques canadiennes ont bénéficié de l'aide de la Banque du Canada (dont les prises en pension spéciales allant jusqu'à 40 milliards $) ainsi que du Gouvernement du Canada (la SCHL a acheté près de 70 milliards $ de titres hypothécaires des banques). Les banques ont véritablement profité de la crise alors que les individus ont vu fondre la valeur de leurs actifs financiers.

La surfinancialisation des actifs a mis les banques dans une position de pouvoir exagéré car la faillite d'une banque aurait été désastreuse, et aurait forcé le gouvernement à les sauver.  On peut parler de surfinancialisation car sans intervention, le capital des banques aurait chuté au point d'être négatif, au point que des créditeurs ne seraient pas remboursés.  L'auteur Karl Denninger explique que si les banques n'ont pas le droit de prêter sans gage plus que leur capital, aucune intervention ne serait nécessaire en cas de faillite d'une banque.  Il faut savoir limiter les dégâts avant qu'ils n'aient lieu.

Le profit, le seul but des banques privées

Les banques, comme toute autre société par action, a comme but principal de satisfaire ses actionnaires en leur donnant un profit qui croît sans cesse année après année.  L'année passée, RBC à elle seule a fait un profit de 7,5 milliards $.  Ce résultat vient de plusieurs endroits, mais essentiellement revient à faire payer à ses clients plus d'intérêts que la banque n'en paye à ses créditeurs.  La dernière année financière de RBC aura probablement été une des meilleures car le marché immobilier canadien a atteint un sommet avant que les règles hypothécaires aient été changé en juillet pour revenir à ce qu'elles étaient en 2005.

La bulle immobilière des grandes villes canadiennes a atteint son sommet, et comme d'habitude, la première indication est que le nombre de ventes a chuté.  Puisque les achats d'habitation sont généralement faites à l'aide d'emprunts hypothécaires, la chute de ventes a un impact immédiat sur le revenu des banques.  Mais comme le salaire et le bonus (sans compter l'emploi) des dirigeants des banques dépend d'un profit qui croît environ 10% par an sans répit, il faut couper parmis les coûts.

La promesse faite par les firmes d'impartition telles qu'iGate aux banques est qu'elles économiseront en profitant du fait que les Indiens se font payer beaucoup moins que les Canadiens.  L'économie n'en est pas aussi automatique car iGate et ses pairs sont de grandes compagnies qui, elles aussi, doivent livrer un profit à leurs actionnaires.  J'ai lu certains estimés informels selon lesquels les économies sont, en fait, négligeables pour RBC, alors que l'économie canadienne sera perdante car les anciens employés, certains pas loin de la retraite, peineront à se trouver un emploi payant autant qu'avant.

Une solution

Il n'y a pas de solution facile à la question, mais j'en propose une quand même, comportant plusieurs volets.  D'une part il faut empêcher l'externalisation des emplois.  D'autre part, il faut savoir limiter la puissance du secteur bancaire.
  1. Le gouvernement fédéral a la juridiction d'empêcher que les données des consommateurs des banques se retrouvent à l'extérieur du pays.  Cela empêcherait l'externalisation d'emplois pour qui bien des Canadiens serait qualifiés et disponibles.
  2. La Banque du Canada devrait avoir le mandat de garder l'inflation des prix à 0%, afin que les gens puissent économiser en argent comptant s'ils le veulent, au lieu de devoir investir dans des instruments financiers à risque par le biais d'institutions financières simplement pour éviter de perdre du pouvoir d'achat.
  3. Les institutions financières ne devraient plus avoir le droit d'étendre du crédit sans actif à l'appui.  Les cartes de crédit ne seraient donc plus permises, par exemple.
  4. Établissement d'une banque fédérale: le gouvernement fédéral devrait établir une institution bancaire offrant des services bancaires de base sans frais, et avec une charte bien définie; par exemple, elle ne pourrait investir que dans des obligations de gouvernements, et avec priorité celles du gouvernement fédéral; elle ne pourrait pas avoir le droit d'émettre d'obligation; etc.
  5. Limiter les institutions financières privées dans leur capacité de créer de la monnaie: implanter 100% monnaie.  Les sociétés privées ne pourraient donc plus avoir plus de contrôle sur les dépenses du gouvernement que le gouvernement lui-même tel qu'élu.

lundi 7 mai 2012

SCHL: temps de redéfinir « abordable »

Le marché canadien d'habitation a vu, durant la dernière année, une discussion sur l'existence d'une bulle immobilière; jusqu'à tout récemment, son existence avait été fermement niée.

Le 1er mai courant, le professeur en économie Kevin Milligan a dit ceci sur Twitter:
En tant que politicien d'opposition, j'accepte le défi en discutant l'abordabilité de l'habitation au Canada.

Un marché d'habitation en bulle (un croissance de prix excédant l'inflation de façon significative) n'a pas été chose unique dans les dernières décennies.  Toute bulle économique est due à une combinaison de facteurs dont plusieurs psychologiques.  Son ampleur est souvent exagérée par des interventions gouvernementales.

La SCHL avait été originalement créée pour aider à loger les soldats revenant de la deuxième guerre mondiale.  Son mandat a ensuite été élargi selon les besoins de l'époque.  Tout élargissement du mandat est le résultat d'un changement apporté par le Parlement.

Dans le cas de l'habitation au Canada, la dernière bulle immobilière avait éclaté il y a environ 20 ans.  Il y a ensuite eu un décennie calme, et après ça une décennie de croissance de prix au delà de l'inflation.

Rendu en 2006, le gouvernement conservateur a changé les règles de la SCHL pour permettre les hypothèques à zéro acompte et amortissements de 40 ans d'être garanties par la SCHL (sans quoi elles n'existeraient effectivement pas), avec comme excuse de permettre « l'innovation financière » et de permettre à certains de s'acheter une résidence alors qu'ils ne pourraient pas le faire sinon.  Pour le même paiement mensuel, un propriétaire peut alors acheter une maison plus chère.  On peut parler d'une augmentation de l'abordabilité, mais seulement de l'abordabilité du prix de vente, pas de l'abordabilité mensuelle.

Rendu en 2008 dans le début de la crise financière mondiale, le gouvernement réalise que le changement des règles introduites en 2006 n'étaient pas une tellement bonne idée, et les change donc à 5% d'acompte et 35 ans d'amortissement.  Cela a un impact assez rapide sur le marché immobilier de certaines villes dont Vancouver et les prix commencent à baisser.

Très peu de temps après, la Banque du Canada baisse son taux directeur à pratiquement son niveau le plus bas possible.  Cela donne une réduction presque équivalente des taux offerts pour les hypothèques et donc augmente de nouveau l'abordabilité.  La bulle redémarre dans des centres urbains comme Toronto et Vancouver.

Les changement de la SCHL en 2008 incluent aussi une augmentation la limite d'assurance à 600 milliards $.  L'assurance des hypothèques permet aux banques de ne porter aucun risque de défaut de paiement, et réduit donc les coûts d'emprunts pour la banque et, par extension, pour les emprunteurs.  Un taux d'intérêt plus bas augmente une fois de plus l'abordabilité.

Comme si tout le reste n'était pas suffisant, en 2008, la SCHL a aussi élargi le programme des Obligations hypothécaires du Canada (OHC) en introduisant les obligations à durée de 10 ans, afin de réduire davantage les coûts d'emprunts.

Rendu en 2012, les prix ont finalement atteint leur plafond à Vancouver, ou même des petits bungalows se vendaient bien au dessus d'un million $.  Même à Toronto, le bungalow acheté à 60% au dessus du prix d'achat par une étudiante universitaire externe a été ensuite mis à louer à un prix qui résulte en une perte après l'inflation.

Il est maintenant essentiellement trop tard pour permettre à la bulle de durer plus longtemps, et on peut s'attendre à ce que les prix reviennent plus raisonnable, même si cela prendra plusieurs années.

Je suis personnellement persuadé que le changement des mesures en 2006 et le fait qu'elles n'ont pas encore été resserrées à leur niveau original indique que ces changements avaient été fait pour plusieurs cibles politiques:
  1. pour un support électoral plus élevé si le gouvernement avait pu capitaliser sur les aspects positifs du changement des règles pendant une élection;
  2. pour augmenter la durée d'un marché immobilier positif, ce qui a aidé les revenus des agents immobiliers, des électeurs qui, selon leur profil financier bien plus positif que la moyenne des Canadiens, auraient typiquement eu plus tendance à voter Conservateur;
  3. pour augmenter les profits des prêteurs hypothécaires (généralement des banques) en augmentant le nombre d'hypothèques, des profits essentiellement sans risque car à cause de l'assurance hypothécaire de la SCHL.
Notons que chacun des points ci-haut sont pour le bénéfice d'un petit groupe de gens aux dépens du reste de la population.

Dans les bulles économiques, les prix augmentent sans cesse jusqu'à ce qu'ils ne soient plus abordables.    Dans le cas de l'habitation où les achats se font généralement par hypothèque, on ne parle pas de l'abordabilité du prix de vente mais bien sûr de l'abordabilité des paiements mensuels; ces paiements atteignent bientôt tout simplement leur niveau maximum pour trop de gens.

On voit donc que l'interférence politique sur le marché de l'habitation a exagéré les prix de vente et n'a aucunement permis de réduire de façon permanente les paiements mensuels.

Il est donc clair que cette interférence n'a eu que des effets négatifs pour la population en général, en augmentant l'endettement.

Je propose donc des changements pour ramener de l'ordre au marché canadien de l'habitation, en réduisant l'interférence gouvernementale.

Tout ceci ne requiert pas d'éliminer la SCHL, qui maintient d'autres rôles importants.

1) Il faut tout d'abord ramener l'amortissement à une durée plus raisonnable, une durée qui avait d'ailleurs été en place pendant bien longtemps: 25 ans.  Plus long que ça aide à peine les paiements mensuels mais ajoute beaucoup en paiements.

Considérant que les coûts associés à la vente d'une propriété (dont la commission) excèdent facilement 5%, il faut augmenter l'acompte à au moins 10% pour toutes les propriétés acquises.  Ce montant augmente le risque reposant sur l'acheteur et donc réduit les achats spéculatifs.  Il faut également rendre illégal les acomptes empruntés.

2) Il faut aussi que la SCHL cesse d'assurer les emprunts hypothécaires.  Il est inacceptable que les contribuables soient responsables du risque très réel de pertes dues à un grand nombre potentiel de propriétaires incapables de continuer leurs paiements.  S'il est impossible d'éliminer le besoin de cette assurance, il faut au moins la limiter à des prix d'achats à plafonds raisonnables, par exemple 150 000$.  Les gens qui achètent des maisons à 2 millions à Vancouver n'ont pas besoin que les contribuables participent à leurs achats.

Il pourrait être acceptable qu'un assureur indépendant (tel qu'il existe déjà) puisse assurer, mais seulement si une supervision adéquate est faite pour éviter que cet assureur fasse faillite même si un grand nombre d'hypothèques sont en défaut de paiement.

3) La SCHL vend des obligations nommées Obligations hypothécaires du Canada (OHC) pour acheter des hypothèques auprès des banques.  Puisque les hypothèques ainsi achetées sont garanties par la SCHL, le rendement des OHC n'est pas bien plus élevé que celui des obligations du gouvernement fédéral.  Les achats d'hypothèques permettent aux banques de réduire leurs coûts d'emprunt et par extension le coût emprunt pour les emprunteurs individuels.

Les OHC forment une extension de la protection apportée par l'assurance, et est devenue "vitale" après le début de la crise financière mondiale.  Cela est simplement ridicule.  Il faut que les banques soient contraintes à trouver leur propre financement pour les hypothèques, au lieu que les contribuables soient le principal recours pour le financement.  Cela implique cesser d'émettre des OHC dès que possible et de laisser les OHC existantes en arriver à maturation.  Cela réduit le financement que la SCHL doit obtenir auprès du gouvernement fédéral, et donc réduit aussi les émissions d'obligations du gouvernement fédéral et par extension ses coût d'emprunt.

L'assurance hypothécaire et les OHC permettent aux banques d'emprunter à un taux normalement réservé au gouvernement fédéral, et en passant ces taux favorables au emprunteurs, les taux payés par les emprunteurs ne correspondent plus au risque réel.

Si toutes ces mesures (réduction de la durée maximale de l'amortissement, augmentation de l'acompte, élimination de l'assurance hypothécaire gouvernementale et des obligations hypothécaires) sont mises en place, les emprunteurs verraient presque certainement une augmentation significative des coûts d'emprunts, visible surtout par une augmentation du taux d'intérêt.

Mais puisque l'abordabilité dépend surtout des paiements mensuels et non du prix de vente, les prix vu selon les paiements mensuels ne seront pas plus élevés, sauf pour ceux qui n'ont jamais eu le revenu nécessaires afin d'acheter une résidence.

Une fois le marché stabilisé après les ajustements nécessaires pour de tels changements de politique, cela n'implique pas une diminution du pouvoir d'achat dans la plupart des cas, car dû à la bulle immobilière, les résidences sont à des prix exagérés dans bien des villes canadiennes.  La valeur intrinsèque d'une maisons dépend du prix du terrain, des matériaux de construction et de la main d'œuvre.  Tout le reste d'un prix d'immobilier n'est en fait que valeur spéculative.  Cet écart de prix et de coût est la raison que des maisons ont été bâties en très grand nombre même loin en périphérie des grands centres urbains.

Changer les règles a d'autres avantages.  Les habitations qui ont un coût trop élevé (pensons aux « McMansions »), ou encore les résidences dont le prix de vente est trop élevé à cause de la distance des emplois, ne sont alors plus abordables et le changement des règles devient un choix écologique positif: les maisons sont plus petites et les terrains agricoles sacrifiés à l'habitations le sont en moins grand nombre.

La concentration des résidences dans un centre urbain plus compact a d'autres impacts positifs, dont un système de transport public plus utilisé, et donc nécessitant moins de subsides.

La réduction de l'endettement possible des ménages est négatif pour les banques mais positif pour les ménages, dont le bilan financier devrait ainsi démontrer un endettement réduit.

De plus, l'élimination des bulles immobilières introduira une stabilité accrue à l'économie réelle, c'est-à-dire celle qui affecte la majorité des gens, qui sont toujours les premiers perdants lors des récessions et rarement gagnants lors des reprises économiques.

Un gouvernement qui veut sérieusement se pencher sur l'amélioration de la santé du secteur de l'habitation au Canada doit obligatoirement considérer les propositions énoncées ici.

vendredi 4 mai 2012

Dissection Friday: Bank Bailout Propaganda

Let's dissect a little piece from the Toronto Sun.  The heading says it's an Opinion piece, therefore I may be at fault for wasting time to identify where truth doesn't get in the way of a good story.  But let's begin...

From the article...
It sounds like a wonderful conspiracy theory: Banks get secret bailout worth $114 billion during the 2008 recession!
Bailout discovered by the Canadian Centre for Policy Alternatives.
In fact, this is all hooey. There was no bailout of our banks.
That is essentially correct.  Assuming we define "bailout" as a capital injection (the Government pays way too much for a large share of a company as it happened in other countries including Ireland), no such thing happened in Canada, and for that I am very glad, because we overpaid to rescue GM and Chrysler and did not get all the money back.
The government did, in 2008, set aside $200 billion to help all Canadian businesses and households hit by the global credit crunch and banks were the tool the government used to help us all out.
I do not have the specific numbers, and surely I don't have all the sources handy, but aside from $125 billion allocated for the IMPP (for which under 70 billion got used), the Bank of Canada (which technically doesn't count as "the government") has intervened massively with about $40 billion at one point in early 2009.
Taxpayer money was never at risk of being lost
That is not true.  CMHC, under the IMPP, bought up insured mortgages.  Who insures the mortgages?  CMHC, meaning ultimately the government and therefore the taxpayer.  Therefore, had there been significant defaults (avoided at the time due to a renewal of the property bubble with the sudden drop in interest rates), the taxpayer could have been on the hook.
and, in fact, taxpayers are making a tidy profit with the credit crunch assistance program.
That is true.  But the interest rate on any loan depends on underlying costs: cost (in this case, of the government) to borrow in the bond market, and the risk associated with default.  If we are making a profit, it's only because the risk was well managed.
And secret? Well, it was announced in the glare of the 2008 federal election campaign and Parliament has since voted on these deals in at least two federal budgets — all of which was widely reported in our largest-circulation newspapers.
[... useless rant agains the political left omitted to save some brain cells ...] 
As Laval University economist Stephen Gordon noted on Twitter, the CCPA “took a low-grade Internet conspiracy, worked it up to a 25-page ‘study’ and managed to get the media to report it as news.”
I agree.  But who understands money and economics?  Very few people.  It seems to me that governments and journalists will gladly swallow whatever economists tell them, because it can be very difficult to understand it all.

I took the time to learn as much as I could about macroeconomics, and I found it a challenging task.  In comparison, I found that learning electrical engineering physics, signal processing math, the inner workings of computer processors, operating system basics, European history from the 5th century to the 18th century, the history of the Industrial revolution, and the Breton language a lot simpler in comparison.

And at my job, I'm the youngest member of my team of about 10 but I'm the most senior.  I routinely have to handle very complex issues due to a product that's nearly as old as I am, yet it's still easier to figure out than the modern financial system.

I pointed this out to our dear Stephen Gordon on Twitter:
His reply was predictable:

But what people don't know is just how much of a good memory I have for this kind of thing.  So I replied with the following and never heard anything back:
The rest of the original article praises Canadian banks and claims that they would have survived anything but businesses which have significant payroll would have all a terrible death in large numbers.

While that may be more or less accurate, that is only because of the current legislated way of doing things.

The Bank of Canada can do a few things to encourage people and businesses to spend savings and  borrow more, such as adjusting interest rates, but these measures are indirect.  In the US, the Federal Reserve went beyond flooring borrowing rates for banks by engaging in multiple rounds of quantitative  easing (QE), but all these measures don't work because there's simply too much debt and deleveraging needs to happen before people with money would want to invest in production again.

In both cases, the central bank cannot have a direct impact on the money supply in the economy.  The commercial banks manage their risk, and in a suddenly deleveraging environment such as the fall of 2008, the reasonable approach for anyone to take is to pull back from lending because the risk just shot through the roof.

As pointed out very clearly by Graham F. Towers, first governor of the Bank of Canada, most of the money (even back in 1939) was actually created by of the commercial banks.  These days, the percentage is about 95%, if I read the numbers clearly.

The fact that commercial banks control such a large segment of the money supply is, as Mr. Towers explained, the responsibility of Parliament.  The Bank Act allows banks to manage most of Canada's money supply as they see fit, and basic macroeconomics tell us that a contraction in the money supply tends to cause a recession.

Banks will do so to the extent required for their survival, even if that means, as David Akin says in the linked Sun article, that "What might not have survived, on the other hand, is hundreds or even thousands of Canadian businesses which were literally running out of money they needed to carry on."

It sounds to me like what we need is a state bank, such as the Bank of North Dakota or Alberta Treasury Branches.  One that takes deposits and charges no silly fees for using our own money.  One that would stick mostly to holding Canada government bonds on the asset side of the balance sheet to reduce the federal borrowing costs and return the surplus either to customers as interest or to the government as dividend.

Perhaps it is time to reintroduce the previous version of section 457 of the Bank Act, and to set a decent minimum reserve requirement, in order to allow the federal government more control over the money supply, and to use its new state bank to make loans available to companies who need them even during recessions.
Perhaps that’s something for the Occupy crowd to consider this week — how small businesses depend on a healthy, functioning banking system.
Perhaps this is something for all Canadians to consider this week: that the banking system doesn't have to control Canada and its governments, and that we as a people can take back control.

mercredi 4 avril 2012

Arrêtons d'exporter des sornettes

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a donné un discours à la chambre de commerce de Waterloo lundi. Décortiquons le communiqué de presse publié à l'occasion du discours.

Waterloo (Ontario) - La stratégie économique globale adoptée par le Canada face à la crise financière mondiale a consisté à favoriser une croissance de la demande intérieure et à encourager les entreprises canadiennes à se moderniser et à se réorienter en fonction de la nouvelle économie mondiale, a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, dans un discours prononcé aujourd’hui. « Sur le premier front, nous avons fait très bonne figure », a-t-il indiqué. Quant au deuxième volet de la stratégie, il a exhorté les entreprises à redoubler d’efforts.

« Si efficace qu’ait été le recours à la demande intérieure, en général, et aux dépenses des ménages, en particulier, les limites de ce modèle de croissance apparaissent de plus en plus clairement », a dit M. Carney à un groupe de gens d’affaires et de dirigeants locaux de la région de Kitchener-Waterloo.

Si les dépenses des ménages canadiens ont fortement augmenté ces dix dernières années, elles dépendent beaucoup plus des conditions de financement avantageuses et des niveaux élevés de l’avoir net depuis la crise. En conséquence, le fardeau de la dette des ménages a continué à s’alourdir et une bonne partie du financement des hausses récentes de l’endettement des ménages est provenu de l’étranger. « Ces tendances sont insoutenables à moyen terme », a affirmé le gouverneur.


Essentiellement, afin de faire croître l'économie canadienne dans la situation de crise économique mondiale que nous avons depuis 2008, le gouverneur nous présente deux stratégies majeures qui nous étaient disponibles: 1) que notre population (déjà fort endettée) achète plus de produits (surtout importés) et de services afin de faire augmenter le PIB canadien, ce qui nécessite un endettement accru de la population, et 2) exporter plus.

La première option en est à ses limites, car on peut voir qu'en février 2012, le taux annuel de croissance du crédit à la consommation (2,6%) n'est guère plus élevée que le taux d'inflation et a donc plafonné.

La deuxième option est beaucoup plus difficile à mettre à exécuter, et le communiqué ne nous dit pas c'est la raison pour laquelle le gouvernement conservateur a surtout misé la première option.

Par contre, la tenue des exportations canadiennes est plus faible que lors des reprises précédentes. « Les exportations n’ont toujours pas retrouvé leur sommet d’avant la crise et, de fait, restent en deçà de leur niveau d’il y a dix ans. La part du marché mondial détenue par le Canada n’a cessé de diminuer tout au long de cette période », a souligné M. Carney.

Bien que la compétitivité ait joué un rôle, la détérioration de la tenue des exportations canadiennes s’explique au premier chef par la faiblesse de nos principaux marchés d’exportations. « La surexposition au marché américain ainsi que la sous-exposition aux marchés émergents en forte expansion sont à l’origine de la presque totalité du nouveau recul de notre part du marché mondial ces dernières années », a expliqué le gouverneur.


Essentiellement, le fait que la grande majorité des exportations canadiennes vont aux États-Unis nous a rendus vulnérables à la faiblesse de l'économie américaine. Le gouverneur nous dit aussi que si le Canada exportait plus aux marchés émergents, le Canada n'aurait pas perdu autant de sa part mondiale des exportations.

Le communiqué n'aborde pas les raisons de la faible demande des économies établies, particulièrement la saturation des marchés en question (tout le monde a déjà deux ou trois voitures) et l'excès de crédit. Ces deux aspects affectent aussi le Canada.

Selon la Banque, les grands défis et les importantes possibilités qui se présentent aujourd’hui – la faible reprise aux États-Unis, la vive croissance dans les marchés émergents, les cours historiquement élevés des produits de base et la vigueur persistante du dollar canadien – sont appelés à demeurer. « Ce sont les économies émergentes qui offrent le plus de possibilités aux exportateurs canadiens », a ajouté M. Carney.


Ce paragraphe nous donne une des autres raisons pour la faiblesse des exportations: « la vigueur persistante du dollar canadien », sans expliquer que cela est dû aux « cours historiquement élevés des produits de base » et que le Canada est surtout encore vu comme un exportateur de ces produits de base, et que ces produits de base sont plus chers car ce sont des ressources souvent non-renouvelables dans une économie qui ne cesse d'en nécessité plus.

Le gouverneur a invité les entreprises à se recentrer en développant de nouveaux marchés et de nouveaux produits, à se réoutiller en investissant dans les usines, le matériel et les technologies de l’information et des communications et en élaborant de nouveaux processus, ainsi qu’à se renouveler en continuant d’investir dans notre plus grande ressource : nos gens.

M. Carney a déclaré que la situation économique au Canada a été légèrement plus solide et la marge de capacités excédentaires un peu moins élevée que la Banque ne l’entrevoyait. Même si les exportations nettes se sont quelque peu redressées, a-t-il précisé, elles ne devraient apporter qu’une contribution limitée à la croissance, compte tenu de la demande étrangère toujours faible et des défis qui continuent de se poser sur le plan de la compétitivité, en particulier la vigueur persistante du dollar canadien.


Et voici le point auquel le gouverneur se replie dans sa fonction d'économiste. Rappelons que cette discipline n'offre qu'une perspective comme étant celle qui doit être suivie à l'échelle mondiale, et son inflexibilité ne permet pas de discussion de solutions alternatives.

Les recommandations que nous donne M. Carney comporte plusieurs volets:
1) Développer des nouveau marchés: par cela, on veut surtout dire les marchés émergents comme la Chine, l'Inde, etc. Le problème est que ces marchés sont soit effectivement fermés ou trop peu abordables, par la présence de tarifs ou par le fait que l'on ne peut pas y faire compétition réelle à cause du manque de règles concernant la respect des travailleurs et de l'environnement.
2) Développer des nouveaux produits: cela est une option, mais certains de ces marchés émergents ne respectent pas la propriété intellectuelle des autres pays et deviennent ensuite des producteurs moins chers de produits équivalents. Penser au iPad et ses imitations.
3) « Se réoutiller en investissant dans les usines, le matériel et les technologies de l’information et des communications et en élaborant de nouveaux processus » signifie augmenter l'efficacité des processus afin de produire à plus bas coût. Cela peut se faire, bien que les investissements capitaux dans l'économie moderne doivent se faire très souvent pour se garder à jour, et donc ne se présente pas toujours comme une économie nette pour les coûts de production.
4) « Se renouveler en continuant d’investir dans notre plus grande ressource : nos gens » veut probablement dire dépenser plus d'argent à entraîner les travailleurs afin de pouvoir se concentrer sur #2 ci-haut.

Les solutions ci-haut ne sont pas des vraies solutions, car elles n'adressent pas la cause, le vrai problème:
Les économies de l'OCDE ont tout simplement trop de dettes, et les gouvernements refusent de forcer les faillites nécessaires afin d'éliminer les dettes impayables, une étape nécessaire pour redémarrer une économie normale. (Si les faillites avaient eu lieu, les banques et les riches investisseurs seraient le plus durement touchés, et puisque les riches sont effectivement en contrôle des gouvernements, ces derniers font payer le reste de la population en s'endettant pour sauver les banques.) La situation actuelle réduira inévitablement la demande mondiale pour tous les produits peu importe d'où ils viennent. Cela implique aussi que les économies émergentes, qui dépendent grandement de leurs exportations, perdront leur vigueur et il va sans dire que le protectionnisme déjà implanté serait rehaussé pour diminuer les impacts. Les membres de l'OCDE ne pourraient jamais gagner en compétitions avec les économies émergentes.

Il faut que le Canada cesse de dépendre des importations de produits à valeur ajouté surtout en échange d'exportations de matières primaires. Nous avons déjà perdu au moins 500 000 emplois de manufacture durant la dernière décennie, et cela ne cessera pas tant qu'on ne change pas l'approche générale. Il faut dire non au libre échange, et le remplacer par un échange juste. Il faut imposer les tarifs sur certaines importations comme il en a toujours été le cas avant. Il faut que ces tarifs favorisent la manufacture au Canada, pour que le Canada soit bien plus indépendant et que les événement négatifs globaux n'affecte pas de façon significative la disponibilité des produits au Canada. Il faut ramener les manufactures au Canada afin que l'on puisse manger canadien, s'habiller canadien et s'amuser canadien.

Ces mesures auraient un certain impact sur l'économie canadienne qui devrait se réajuster, mais nous permettraient de finalement ramener la richesse au Canada. Prenons le temps de se souvenir que pendant les années 50 et 60, une famille moyenne, avec un parent à la maison et plus de deux enfants, et un parent employé plein temps, pouvait vivre très confortablement et acheter une maison en quelques années.

Il est réaliste de dire que le Canada moderne peut bien revenir à sa richesse antérieure, si seulement les Canadiens exigeaient des changements de leur gouvernement.

P.S. Ce qui m'a tout de suite surpris en lisant le communiqué de presse, c'est ce qui manquait: ce que M. Carney et le ministre des finances Jim Flaherty ont répété si souvent, soit la nécessité d'augmenter la « productivité », c'est-à-dire augmenter le PIB par heure travaillée, ce qui revient à réduire les heures de travail ou la paye, sans réduire la vigueur de l'économie. Cela a, bien sûr, l'impact d'enrichir davantage les plus riches au dépens du reste de la population. M. Carney a-t-il laissé tomber son passé de chez Goldman Sachs pour revenir un peu à la réalité?

samedi 24 septembre 2011

Translation of the Communiqué of the 24th IMFC Meeting

IMF-speak translated into layman's terms.

Original version here

Communiqué of the Twenty-Fourth Meeting of the IMFC: Collective Action for Global Recovery
Chaired by Mr. Tharman Shanmugaratnam, Deputy Prime Minister of Singapore and Minister for Finance Washington, DC, September 24, 2011

The global economy has entered a dangerous phase, calling for exceptional vigilance, coordination and readiness to take bold action from members and the IMF alike.


In spite of trillions of taxpayer dollars wasted on saving banks, bailing out investors and generally trying to preserve the Status Quo at any cost, the IMF and members will continue along the same path.

We are encouraged by the determination of our euro-area colleagues to do what is needed to resolve the euro-area crisis. We welcome that the IMF stands ready to strongly support this effort as part of its global role.


We are happy that the political leadership really expects something different to happen in spite of trying the same thing all over again.

Today we agreed to act decisively to tackle the dangers confronting the global economy. These include sovereign debt risks, financial system fragility, weakening economic growth and high unemployment. Our circumstances vary, but our economies and financial systems are closely inter-linked. We will therefore act collectively to restore confidence and financial stability, and rekindle global growth.

The advanced economies are at the core of an effective resolution of current global stresses. The strategy is to restore sustainable public finances while ensuring continued economic recovery.


The realities caused by globalization, free trade, wage and environmental arbitrage means that us "rich" countries' economies are once again going in the toilet. Since our populations might realize how much of a con game this all is, today we agreed to spend loads of money we don't have, to extend and pretend the Status Quo.

Taking into account different national circumstances, advanced economies will adopt policies to build confidence and support growth, and implement clear, credible and specific measures to achieve fiscal consolidation.


Even if they can't afford it, "rich" countries will cut taxes for the rich and large corporations, reduce benefits to its most vulnerable populations, and even though both these measures will kill tax revenue and affect GDP negatively, the will somehow get rid of their deficits too.

Euro-area countries will do whatever is necessary to resolve the euro-area sovereign debt crisis and ensure the financial stability of the euro area as a whole and its member states. This includes implementing the euro-area Leaders’ decision of July 21 to increase the flexibility of the European Financial Stability Facility, maximizing its impact, and improve euro-area crisis management and governance.


Euro-area countries, or at least those that aren't bankrupt, will spend more money they don't have, to further fund the EFSF, to buy worthless bonds, just so the Status Quo can go on just a bit longer, all the while making sure rich investors get fully refunded for their worthless investments.

Advanced economies will ensure that banks have strong capital positions and access to adequate funding; maintain accommodative monetary policies as long as this is consistent with price stability, bearing in mind international spillovers; revive weak housing markets and repair household balance sheets; and undertake structural reforms to boost jobs and the medium-term growth potential of their economies.


"Rich" countries will bail out their bankrupt banks with money they don't have, just because we can't let rich investors suffer any losses on bond investments, even though banks lent way to much money. Their central banks will further distort credit markets by maintaining ridiculously low interest rates that wipe out prudent savers. The will also prop up house prices which are still in bubble territory, preventing affordable housing. They will somehow pretend to create jobs with this intervention, even though jobs are actually lost through free trade and job and environmental arbitrage.

Emerging market and developing economies, which have displayed remarkable stability and growth, are also key to an effective global response. The strategy is to adjust macro-economic policies, where needed, to rebuild policy buffers, contain overheating and enhance our resilience in the face of volatile capital flows. Surplus economies will continue to implement structural reforms to strengthen domestic demand, supported by continued efforts that achieve greater exchange rate flexibility, thereby contributing to global demand and the rebalancing of growth. Fostering inclusive growth and creating jobs are priorities for all of us.


China etc. have been providing us nice cheap plastic pumpkins for a while, but now they own us many times over. This needs to change, and this should happen by them dropping their currency pegs. But of course it won't happen, but we won't do anything about it because we can't anger our "rich" countries' populations by increasing the price of laptops and mp3 players.

We reaffirm the importance of the financial sector reform agenda and are committed to its full and timely implementation. We will continue our coordinated efforts to strengthen the regulation of systemically important financial institutions, establish mechanisms for orderly domestic and cross-border resolution of troubled financial institutions, and address risks posed by shadow banking.


We will continue to pretend to reform the banks while bailing them out every time they mess up.

We call on the Fund to play a key role in contributing to an orderly resolution of the current crisis and prevention of future crises. We welcome the Consolidated Multilateral Surveillance Report as an important tool to focus our discussions on key risks and policy issues. We welcome the directions set out in the Managing Director’s Action Plan. In particular, we encourage the Fund to focus on the following priorities and report to the IMFC at our next meeting:
• A more integrated, evenhanded, and effective surveillance framework that better captures risks to economic and financial stability, drawing on the Fund’s Triennial Surveillance Review and spillover reports;
• Early assessment of current financing tools and enhancements to the global financial safety net;
• Review of the adequacy of Fund resources;
• Ensuring adequate policy advice and financing to support low-income countries, including to address volatile food and fuel prices; and
• Further work on a comprehensive, flexible, and balanced approach for the management of capital flows, drawing on country experiences.


We ask the IMF to continue its backing in our support of the Status Quo.

Governance reform is crucial to the legitimacy and the effectiveness of the IMF. We will intensify our efforts to meet the 2012 Annual Meetings target for the entry into force of the 2010 quota and governance reform. We call on the Fund to complete a comprehensive review of the quota formula by January 2013 and to report on progress at our next meeting. We reaffirm the commitment to complete the Fifteenth General Review of Quotas by January 2014. We look forward to further enhancing the role of the IMFC as a key forum for global economic and financial cooperation.


We get that China is starting to get pissed off at the fact its owns a big chunk of SDRs yet has little say in the IMF. We'll think about changing the formula over the next few years.

We thank Mr. Strauss-Kahn and Mr. Lipsky for their outstanding service at the helm of the Fund in difficult times. We warmly welcome Ms. Lagarde, Mr. Lipton, Ms. Shafik, and Mr. Zhu. Our next meeting will be held in Washington, D.C. on April 21, 2012.


Dominique, we threw you out because we didn't like you. Christine is a much better fit for our objectives.

Attendance can be found at http://www.imf.org/external/am/2011/imfc/attendees/index.htm

lundi 25 avril 2011

A Big Lie: Sustainable Economic Growth

What is "sustainable economic growth"? It is a theoretical concept which suggests that the economy can grow indefinitely.

But first, let's explore what economic growth is: it's when the formal economic activity (the exchange of goods and services through money) increase.

Remember that economic growth is not automatic, but rather has causes behind it.

How does it happen? First, it can happen through an increase in available services and goods; for example, following the availability of electricity, home appliances became widely available.

It can also happen through the formalization of activities traditionally done outside of the formal economy; one can think of buying lunch instead of making it at home, or using daycare instead of having a parent stay at home for the first few years of the children's lives.

Thirdly, an economy can count on the increase in the "consumer" population as a way to increase "consumption". Traditionally, this was done by opening an export market by colonizing. These days, one can only count on an increase in population. If the natural population increase is insufficient to ensure "adequate" economic growth (adequate according to shareholders who often demand 10% year-over-year increase in their dividends), there is always immigration as an alternative measure.

When these options reach a limit in their effectiveness, more consumption can be encouraged through reduced interest rate to push for the spending of savings and encouraging buying on credit.

Recent recessions occurred especially because of excessive debt. The typical solution has been to reduce interest rates, and by extension the cost of borrowing, which only postpones the inevitable (recognizing that many debts will never be repaid), while waiting hopefully that economic growth will enable to carry on a bit longer.

The ultimate problem is simply that Earth is of a finite size, and therefore the availability of natural resources will not allow an infinite economic and consumption growth. Especially since the worldwide peak of oil production occurred in July 2008, one can see that the world economy is struggling to recover. This is only the first visible impact of constraints in availability of natural resources.

All major federal political parties, except the Green Party, have long trumpeted the need for "sustainable economic growth". Though the NDP has recently avoided using the term above, the Green Party is the only party which explicitly accepts that the economy will not grow forever.

When one accepts that sustainable economic growth is a joke and a lie, one easily sees that the traditional "solutions" of government bailouts for auto builders and banks, special purchase and resale agreements of central banks, as well as unusual government measures such as the purchase of NHA mortgage backed securities by CMHC, only prevent the resolution of the true problem: excessive debt. The government should let all bad investments and bankrupt companies fail quickly so as to limit the damage on the real economy, while taking the opportunity to invest in socially important emerging sectors, such as renewable energy with its related green collar jobs.

L'ultime contradiction: croissance économique durable

C'est quoi la "croissance économique durable" ("sustainable economic growth")? C'est un concept théorique qui suggère que l'économie peu croître indéfiniment.

Mais d'abord, c'est quoi la croissance économique? C'est lorsque l'activité économique formelle (l'échange de biens et service par le biais d'argent) augmente.

Rappelons que la croissance économique n'est pas automatique; elle a des causes.

Comment se passe-t-elle? Il y a d'abord moyen d'augmenter les produits et services disponibles; par exemple, suivant la disponibilité de l'électricité, les électroménagers sont apparus en grand nombre.

Ensuite, il y a moyen de formaliser des activités traditionnellement présentes hors de l'économie formelle; on peut penser à pouvoir acheter le dîner au lieu de le préparer à la maison, ou encore recourir à une garderie d'enfants au lieu d'avoir un parent qui demeure à la maison pour surveiller les enfants durant leurs premières années de vie.

Il y a aussi toujours l'augmentation de la population de "consommateurs" comme recours pour augmenter la "consommation". Il y avait traditionnellement l'ouverture des marchés d'exportations, durant l'ère des colonisations. De ce jours-ci, on ne peut plus s'attendre qu'à l'augmentation de la population d'une économie. Si la croissance naturelle de cette population n'est pas assez grande pour assurer une croissance "suffisante" de l'économie (suffisante selon les actionnaires qui exigent souvent des augmentations de dividendes de 10% par an), il y a toujours l'immigration.

Quand on atteint la limite de ces options, il y a moyen d'encourager plus de "consommation" (de la part des "consommateurs") en réduisant les taux d'intérêt afin d'encourager la dépense d'argent économisé, et afin d'encourager la dépense sur crédit.

Les récessions récentes se sont passées surtout car il y avait trop de dette dans le système. La solution typique a été de réduire le taux d'intérêt, et par extension le coût d'emprunt, ce qui ne fait que reporter l'inévitable (reconnaître que bien des dettes ne seront jamais remboursées), en attendant que la croissance économique permette de reprendre le dessus pendant quelques temps.

Le problème ultime est tout simplement que la Terre a une taille finie, et donc que les ressources utilisées ne pourront pas continuer à supporter indéfiniment une croissance économique et une consommation qui ne cesse de croître. Depuis que le monde a atteint le pic de production pétrolière en juillet 2008, on peut voir que l'économie mondiale a bien du mal à se remettre. Cela n'est que le début de l'impact des contraintes des ressources naturelles.

Tous les partis majeurs fédéraux sauf le Parti vert ont longtemps mentionné le besoin d'une croissance économique durable. Sauf pour le NPD qui a récemment évité l'expression, le Parti vert est le seul parti qui accepte explicitement que l'économie ne peut pas croître éternellement.

Quand on accepte que la fiction qu'est la croissance économique durable, on comprend que les "solutions" traditionnelles des gouvernements aux récessions, c'est-à-dire les plans de sauvetage ("bailouts") pour les constructeurs d'automobiles et pour les banques, les prises en pension spéciales des banques centrales, et les mesures spéciales du gouvernement telles que l'achat de titres hypothécaires LNH par la SCHL, ne font qu'empêcher la résolution du problème de dette excessive: il faut plutôt que le gouvernement laisse vite tomber les mauvais investissements et les compagnies en faillite afin de limiter l'impact de la récession sur l'économie réelle, tout en prenant l'occasion d'investir dans des secteurs émergents importants au niveau social, dont l'énergie renouvelable et tous les emplois cols verts qui s'y rattachent.

vendredi 22 avril 2011

Arrêtons les mensonges des Conservateurs!

Alors que la campagne fédérale avance, les Conservateurs ne cessent de répéter, à la propagande nazie (à le dire assez souvent, les gens vont le croire), que diminuer les impôts sur les sociétés est nécessaire afin de créer des emplois. Il faut un genre bien spécial de personne pour raconter des mensonges comme ça.

Le gros bon sens nous montre que les emplois sont créés s'il y a une augmentation de la demande dans l'équilibre économique d'offre et de demande. S'il n'y a pas plus de demande, les compagnies préfèrent distribuer ce profit supplémentaire en dividendes au lieu de l'investir à augmenter l'offre (voir ici). La demande au sein de l'économie canadienne n'augmentera pas beaucoup car les finances du monde entier sont accablées par un excès de dette.

Les partis d'opposition s'opposent à réduire le taux d'imposition des corporations car le déficit conservateur est encore bien présent. Réduire le revenu du gouvernement fédéral de 6 milliards par an implique que les contribuables devront couvrir ce 6 milliards par an de déficit supplémentaire jusqu'à la fin du déficit, attendu au plus tôt en 2015; donc au moins 24 milliards s'ajouteraient à la dette fédérale.

Selon le site du ministère des finances lui-même (tableau A1.1), l'impact sur le produit intérieur brut (PIB) d'une réduction de ce taux d'imposition démarre à 10%. Donc la première année, le PIB ne serait que de 600 millions plus élevé.

Entre temps, les contribuables devront rembourser ces déficits, pour 24 milliards plus l'intérêt, argent qui quittera le PIB dans les années futures car il sera dépensé en impôts au lieu de produits et services.

Cette folie de réduire le taux d'imposition déjà si bas, alors que le déficit perdure, n'est donc qu'un cas typique d'emprunter maintenant pour faire un gros cadeaux aux riches actionnaires des sociétés sur le dos des contribuables présents et futurs moins nantis.

Que la candidate conservatrice dans Gatineau, Jennifer Gearey, agisse comme le perroquet du Parti conservateur et la marionnette des grandes sociétés m'est déplorable, et je plains ses trois enfants qui devront payer leur part de cette mauvaise décision lorsqu'ils seront contribuables.

lundi 22 novembre 2010

Merci de nous endetter sans notre approbation

Depuis deux semaines, beaucoup d'articles dans les nouvelles économiques nous ont raconté que l'Irlande est dans un état économique précaire, au bord de la crise, et chaque jour, on nous a raconté que son gouvernement était à moins de 24 heures de recevoir un «bailout».

En particulier, un grand nombre d'articles ont suggéré que l'Irlande doit absolument obtenir un «bailout» car elles est au bord de l'insolvabilité: elle n'aurait plus d'argent du tout et ne peut effectivement pas en emprunter car le taux d'intérêt serait trop élevé.

Bien que les taux effectifs des bons du trésor irlandais sont très élevés (vers 8-9%), le gouvernement n'est pas celui qui paie ce haut taux; au contraire, il s'agit du taux effectif annualisé qu'un investisseur pourrait obtenir même si le taux du coupon est plus bas. Par contre, l'Irlande ne cesse de mentionner qu'elle ne doit plus émettre d'obligation depuis quelques temps et n'aura pas besoin de le faire jusqu'en juillet 2011, ce qui est fort mieux que bien d'autres pays européens.

En Irlande, le plus grand risque d'insolvabilité se retrouve apurées de ses grandes banques. Malgré les injections de capital du gouvernement, l'insolvabilité demeure un risque car les investisseurs commerciaux ont retiré une bonne partie de leurs dépôts et les banques payent elles-mêmes un taux d'intérêt élevés sur les obligations qu'elles émettent.

Il faut se rappeler que chacun des «bailouts» d'institutions financières récents ont eu lieu pour éviter la liquidation ou réorganisation de ces institutions. La liquidation des sociétés insolvables est normalement bien définie dans la loi et prévoit essentiellement la vente de tous les actifs d'une société pour repayer ses créditeurs dans un ordre précis. Dans le cas d'une banque, ce seront tout d'abord les clients ayant des dépôts, et seulement si ceux-ci sont entièrement repayés, les détenteurs d'obligations émises par la banque seront remboursés, et ensuite les autres créditeurs dont les actionnaires. Puisque les dépôts font souvent la plus grande partie des créditeurs, les détenteurs d'obligations n'ont pas du tout la garantie de se faire rembourser en cas de faillite. Qui détient ces obligations? En très grande partie les autres banques européennes, incluant en première et deuxième places les banques britanniques et allemandes. Qui possède ces banques? Surtout des riches investisseurs individuels, et aussi des fonds d'investissement.

Si les banques irlandaises sont sauvées de l'insolvabilité, ce seront donc ces banques britanniques, allemandes et autres qui seront certaines de se faire rembourser. L'influence des riches investisseurs dans le gouvernement britannique explique pourquoi ce dernier a même suggéré de prêter de l'argent directement à l'Irlande sans passer par l'Union Européenne ni le FMI. Sous l'excuse de «l'intérêt national» se trouve la réalité peu masquée que les banques britanniques, déjà en peu bonne formes (un bon nombre d'entre elles n'ont pas encore été dénationalisées) pourraient elles-mêmes devenir insolvables si les banques irlandaises ne sont pas sauvées.

Les contribuables européens, évidemment, se retrouveront à financer ces «bailouts», et la population en général en payera le prix.

Le tout est simplement le reflet d'une chose: il y a trop de dette dans le système, et déplacer cette dette du privé au contribuable n'a ni d'effet bénéfique pour la société ni ne résout le problème de dette excessive.

Il n'y a qu'une vraie bonne solution: créer, dans chaque juridiction où c'est nécessaire, une banque publique (appartenant au gouvernement) pour garantir les dépôts, et forcer toutes les institutions insolvables en liquidation, même si cela implique qu'un grand nombre de banques européennes deviennent elles-même insolvables. De nombreux investisseurs, surtout les plus riches, se verraient perdre quelques sous, mais c'est seulement en nettoyant le système au complet que de nouveaux investissement productifs pourront se faire.

Ce nettoyage est inévitable: soit les gouvernements se montrent utiles et gèrent ce nettoyage pour en minimiser les conséquences négatives, soit le marché dicte quand il se produit et rend l'expérience fort douloureuse.

La Grèce était la première à tomber. L'Irlande vient d'être la deuxième. Les investisseurs vont très bientôt forcer le bras du Portugal. L'Espagne ne sera pas loin derrière. Quand ce ridicule manège finira-t-il, et quand les plus riches, qui ont tant profité du système, payeront-ils finalement leur part?