samedi 11 août 2012

Des réponses aux questions d'Équiterre


Comment entendez-vous combler le manque à gagner, évalué à 20 milliards de dollars, au cours des 10 prochaines années pour le transport en commun?

Dans le but de réduire notre dépendance au pétrole, votre parti s’engage-t-il à réduire les investissements dans les nouvelles infrastructures routières afin de réinvestir ces sommes dans le transport en commun et mettre de l’avant les mesures nécessaires afin d’électrifier l’ensemble du réseau de transport en commun du Québec d’ici 2025?

Le Parti vert du Québec propose des solutions afin de grandement améliorer le transport en commun au Québec.

Nous proposons d'abord de décupler la taxe sur les émissions à 33$/tonne de CO2, afin de créer un fonds vert récurrent de 1/2 milliard $ par an, servant en partie à investir dans le développement durable du secteur des transports.

Nous proposons d'inciter le développement de droits de péage aux entrées des centres urbains afin de financer davantage le transport en commun.

Nous proposons l'augmentation de l'achalandage du transport en commun en augmentant le nombre de voies réservées, en augmentant le confort des véhicules (dont la climatisation), en augmentant la fréquence et les trajets, et en nationalisant les chemins de fer dans les centres urbains afin d'augmenter l'efficacité et la priorité du transport de passagers, tout en réduisant les coûts d'utilisation.

Nous proposons aussi des investissements pour des nouveaux trajets de trains entre les grandes agglomérations du Québec, pour un transport de passagers efficace bénéficiant d'une utilisation généralisée, mais aussi pour permettre le transport de marchandises.  Un plus grand nombre de déplacement de biens par rail, mais aussi par voies fluviales, réduira les dépenses reliées à l'entretien des autoroutes existantes ainsi que le besoin de nouvelles autoroutes.

Nous proposons de réduire la dépendance du Québec des importations de pétrole en misant sur une électrification progressive du transport en commun dans les centres urbains.

Les sources d’énergie qui connaissent le plus fort taux de croissance dans le monde sont les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien. À ce titre, une fois élu, votre parti s’engage-t-il à mettre en place, comme l’a fait l’Ontario, un programme incitatif pour la production à petite échelle d’énergies renouvelables?

Le Québec a déjà érigé des barrages hydroélectriques dans les cours d'eau donnant les meilleures capacités de génération.  Les nouveaux projets hydroélectriques potentiels ne valent plus les investissements connexes et leur impact environnemental n'est jamais négligeable.  C'est la raison pour laquelle le Parti vert du Québec propose les choses suivantes:
- Développer l'énergie éolienne, en visant 15% de la production d'électricité comme au Danemark.
- Développer les sources d'énergie de la biomasse en favorisant celles provenant des déchets (huiles végétales usées, méthane des dépotoirs, déchets forestiers, etc.).
- Développer les recherches en énergie solaire passive (thermique) et active (photoélectrique).

Les grands complexes hydroélectriques sont un exemple d'une centralisation poussée de la production d'électricité, et une telle centralisation pose toujours certains risques.  Les énergies alternatives énoncées ci-haut sont, de nature, décentralisées, et se portent donc bien à la petites échelle tout en augmentant l'indépendance des localités en approvisionnement d'électricité.  Le Parti vert du Québec s'engage à appuyer cette approche.

Équiterre et plusieurs comités de citoyens s’inquiètent de la venue imminente des sables bitumineux au Québec à travers un pipeline vieux de 40 ans. Quelle est la position de votre parti à la fois sur l’arrivée des sables bitumineux au Québec et sur les risques liés à l’utilisation de ce vieux pipeline?

Malgré la richesse hydroélectrique du Québec, nous dépendons encore très fort des combustibles fossiles, qui sont donc importés en formes brutes et raffinées.  Puisque le pic de la production pétrolière conventionnelle s'est manifesté il y a déjà plusieurs années, la production non-conventionnelle (dont les sables bitumineux) a vécu une effervescence, et la combinaison de disponibilité et de prix suggère une inversion du flux du pétrole dans le pipeline entre l'ouest du Canada et l'Ontario.

Considérant le nombre de fuites qui font les manchettes, et aussi surtout les fuites qui ne les font pas, le Québec se doit de réduire sans tarder sa consommation des combustibles fossiles afin d'éliminer l'importation du pétrole tout en visant l'indépendance énergétique.

Le Parti vert du Québec s'engage à appuyer cette réduction en proposant plusieurs approches:
- Investir dans le développement de sources d'énergies renouvelables, une expertise que nous pourrons exporter.
- Plafonner et marchander les émissions de gaz à effet de serre.
- Tel qu'énoncé plus tôt, adopter une politique de transport promouvant le transport en commun, le développement du partage-auto, la transformation du parc automobile, ainsi que le transport de marchandises par voies fluviales et ferrées.

Si votre parti est élu, adopterez-vous une politique d'approvisionnement d'achat de produits locaux et biologiques pour les établissements publics avec des cibles chiffrées?

Il va de soi que l'agriculture productiviste détruit l'environnement et la conversion à une agriculture biologique est nécessaire.  Cette conversion ne se fait pas rapidement et engendre certains coûts.  Un gouvernement vert supporterait l'agriculture biologique en adoptant une politique d'approvisionnement de produits locaux et biologiques.

Comptez-vous investir massivement pour le soutien et la promotion de l'agriculture biologique au Québec, notamment en remboursant les frais de certification biologique aux producteurs?

Une étude a déjà démontré que l'agriculture biologique a des meilleurs rendements dans toutes les mesures.  La conversion à l'agriculture biologique est donc désirable de soi, mais un tel changement porte certains coûts.  Afin de soutenir l'agriculture biologique, le Parti vert du Québec s'engage tout d'abord d'introduire un programme incitatif financier de conversion au biologique, visant à contrer ces coûts.

De plus, à court terme, nous nous engageons à:
- Introduire un incitatif financier aux producteurs non biologiques pour une conversion vers une agriculture dite raisonnée.
- Interdire l'utilisation d'antibiotiques à titre préventif dans les aliments des animaux.
- Imposer un moratoire immédiat sur toutes les productions d'OGM pour en viser l'interdiction complète.
- Amener une aide concrète aux groupes de citoyens dont l’action vise la promotion de l’agriculture écologique, des coopératives d’aliments naturels, et du jardinage communautaire.

Nos objectifs à long terme sont les suivants:
- Encouragement par des mesures appropriées de la production et la distribution de denrées alimentaires de qualité écologique afin de permettre aux consommateurs de faire un véritable choix.
- Instauration d’une appellation contrôlée légale biologique pour les produits alimentaires.
- Orientation de l’enseignement agricole vers l’agriculture biologique.
- Réorientation des recherches en agriculture vers des recherches plus régionales et orientées vers l’agriculture écologique.
- Encouragement des programmes d’éducation sur l’alimentation naturelle.
- Promotion des aliments moins carnés, frais, provenant de milieux organiques saints et le moins possible transformés.
- Interdiction des OGM et des brevets sur le vivant.

Est-ce que votre parti s'engage à revoir le code de gestion des pesticides afin de le rendre équivalent ou même supérieur à ceux de l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse?  Est-ce que vous comptez faire en sorte que le Québec interdise la vente et l’usage des pesticides agricoles bannis actuellement dans d’autres pays de l’OCDE, et que les aides financières aux producteurs deviennent conditionnelles à leurs efforts de réduction de l’usage de pesticides?

L'usage des pesticides vient à l'encontre de notre but d'en réduire l'usage en favorisant l'approche biologique.  Le Parti vert du Québec s'engage à revoir le code de estion des pesticides et d'en restreindre les ventes.  Les incitatifs aux producteurs non biologiques seront liés à une conversion vers une agriculture dite raisonnée.

S'il est élu, est-ce que votre parti s'engage à tenir un sommet sur l’économie verte dans les 100 premiers jours de son mandat?

Dans cette ère dans laquelle les convention de croissance économique durable n'ont plus de sens (voir bon billet L'ultime contradiction: croissance économique durable), l'économie verte ne veut pas seulement dire simplement remplacer quelques voiture à essence par des voitures électriques.  Au contraire, il faut complètement repenser l'économie, et le passage récent du pic de la production pétrolière implique que les changements économiques profonds doivent être d'abord abordés en réduisant notre consommation d'énergie non-renouvelable.  Ces changements nécessitent rien de moins qu'un sommet et le Parti vert du Québec est prêt à le faire.

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